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L'Histoire est un spectacle

Le spectacle du Château d'Ecouen se déroule tous les ans au printemps dans les jardins du Musée de la Renaissance ,d'une durée de 2h30 et 13 tableaux.Il a pour thème la Renaissance et ses personnages historiques: François 1er, Henri II, Anne de Montmorency, Léonard de Vinci,Catherine de Médicis et bien d'autres acteurs du XVIéme siècle.
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samedi 18 septembre 2010

Spectacle Château Ecouen Renaissance Guerre de Religions 1559 l' Édit d'Écouen



Le Château d'Ecouen, résidence d'Anne de Montmorency 
La France du XVIème siècle et la Religion
Édit d'Écouen
L'Edit d'Écouen est un acte promulgué par le Roi de France Henri II le 2 juin 1559 afin de réprimer sévèrement l'hérésie calviniste. Il est pris avant le début des guerres de religion du XVIe siècle, et aura une influence certaine sur le déclenchement de celles-ci.
 Henri II
C'est sous le règne d'Henri II que la réforme protestante se développe en France. Le Roi, fervent catholique, décide rapidement de prendre des mesures pour limiter l'extension de la nouvelle religion. Ainsi les Edits de Paris puis de Chateaubriand (1549 et 1551) développement entre autres les pouvoirs des juges catholiques pour condamner les hérétiques. Ils sont complétés par l'Edit de Compiègne du 24 juillet 1557 qui accentue encore la répression par les tribunaux publics, y compris envers les catholiques aidant ou hébergeant des protestants. Néanmoins l'Inquisition n'est pas rétablie dans le Royaume, du à un conflit d'Henri II avec le Pape Jules III.


Henri II est conseillé par Diane de Poitiers, sa favorite, qui a eu beaucoup d'influence sur lui. Véritable femme d'État, et catholique convaincue, elle poussera toujours le Roi à la plus grande fermeté envers les "hérétiques".

Malgré la persécution et le nombre croissant de procès en hérésie, le protestantisme ne cesse de se développer en France, y compris chez les nobles. En septembre 1557, une émeute menée par les réformés éclate à Paris, rue Saint-Jacques. Henri II est victime d'une tentative d'assassinat, mais il ne sera pas prouvé que c'était l'œuvre des protestants puisque l'homme est immédiatement exécuté.

Suite à ces troubles religieux de son règne.Henri II, le Roi, en villégiature au château d'Ecouen, (demeure du Connétable Anne de Montmorency), promulgue l' Édit d'Ecouen.

L'Edit est promulgué le 2 juin 1559 à Ecouen. Il stipule que tous les protestants révoltés ou en fuite doivent être abattus sans procès. L'Edit d'Ecouen sort ainsi du cadre légal, ce qui constitue une rupture avec les édits précédents.

Dans le même temps que l'Édit, Henri II rédige une suite de courriers, "les lettres d'Ecouen", qui donnent mission à certains notables de traquer les réformés.

Cet acte révolte une partie du Parlement, dont certains membres ont pris le parti de la Réforme. Le 10 juin, Henri II se rend à la séance plénière du Parlement de Paris pour tenir un lit de justice afin de faire enregistrer l'édit. A cet occasion plusieurs Parlementaires protestent publiquement. Henri II ordonne que les Parlementaires critiques soient embastillés. La plupart se rétracteront et seront libérés, à l'exception d'Anne du Bourg, fervent calviniste. Il sera pendu puis brûlé en place de Grève.

L'Edit d'Ecouen et le supplice d'Anne du Bourg sont clairement les préludes des guerres de religion.


 Exécution d'Anne de Bourg (1559)

De façon générale, les Édits du Roi étaient mal appliqués du fait de la faiblesse des structures administratives et judiciaires dans un Royaume encore peu centralisé. De plus, une partie des officiers convaincus par la Réforme, n'appliqueront volontairement pas les actes royaux. Et c'est justement parce que les édits n'ont que peu d'effet qu'il se produira une escalade dans la brutalité de la persécution exigée par Henri II.

Henri II meurt accidentellement quelques mois après l'Édit d'Ecouen, événement qui permettra à Catherine de Médicis d'ouvrir une régence au nom au jeune Charles IX. Pour trouver une conciliation entre protestants et catholiques, elle écartera les Guise du pouvoir, provoquant de nombreux conflits à la Cour. Les Guise et les Montmorency, les deux grandes Maison rivales du Royaume auront une grande influence dans les guerres de religion. Si tous les Montmorency ne sont pas protestants, ils profiteront du conflit pour s'en prendre aux Guise, meneurs du parti catholique.

Malgré les édits de Catherine de Médicis défendant la liberté de culte, la marche à la guerre devient inéluctable après le massacre de Wassy (74 protestants assassinés par François de Guise).

Source Wikipedia® 

Le Tournoi  de la Place Royale (juin 1559)




Le 30 juin 1559, le roi de France Henri II organise un tournoi
(jeu qui permet de s'entraîner), devant l'hôtel des Tournelles
(près de l'actuelle place des Vosges), en l'honneur de deux
mariages - celui de la sœur du roi Henri II, Marguerite avec
Emmanuel-Philibert - duc de Savoie -, et celui d'Élisabeth
sa fille avec Philippe II d'Espagne - conclus quelques semaines
plus tôt au Traité de Cateau-Cambrésis (3 avril 1559).

Henri II, bien que de constitution très robuste et habituellement
fort adroit aux exercices des armes, est grièvement blessé
à la tête, le 30 juin 1559, par la lance du comte Gabriel
de Montgomery qui pénètre à travers la visière du casque
du roi : "Un gros éclat frappa le front au-dessous du sourcil
droit et déchirant la chair, vient s'enfoncer dans un coin
de l'œil gauche; plusieurs fragments percèrent
l'œil même; l'os frontal ne fut pas touché...". Après avoir lavé la
plaie au blanc d'œuf, les médecins administrent au roi une potion
faite de rhubarbe et de camomille.

Les meilleurs chirurgiens sont requis pour traiter le souverain.
Paré et Vésale au chevet du roi
©Richard Blanc

La Renaissance et La Chasse aux Hérétiques(1) De François 1er à Henri II jusqu'au massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572)

François 1er


La Chasse aux Hérétiques(1)
De François 1er à Henri II jusqu'au massacre de la Saint Barthélemy (24 août 1572)


La Chambre Ardente au XVIème siècle (1535)

La liberté de conscience en France sous François 1er et Henri II (1540-1550)

La Chambre ardente a été à différentes époques en France un tribunal extraordinaire qui prononçait des peines très sévères, habituellement la mort par le feu. Cette commission a été appelée « chambre ardente », car les procès se tenaient dans une pièce tendue de noir et éclairée par des torches ou des bougies.

L'INSTITUTION DE LA "CHAMBRE ARDENTE"(8 octobre 1547)

 Le jour de son sacre, Henri II est exhorté par le cardinal de Lorraine à défendre l'Eglise contre les périls qui la menacent : "Il ne doit pas être uniquement le roi de France, mais encore, ce qui n'appartient qu'aux rois français, le prêtre et comme le serviteur public du Dieu tout puissant". Telle est bien l'intention du roi qui, le 8 octobre 1547, institue au Parlement de Paris une "Chambre ardente" chargée d'instruire les procès d'hérésie.

Jean Calvin

Dans les premières décennies du XVIème siècle, les thèses de Martin Luther et de Jean Calvin se sont répandues dans toute l'Europe, et les adeptes de la Réforme protestante sont de plus en plus nombreux. Avec l'avènement d'Henri II, la répression contre les huguenots "hérétiques" se durcit considérablement. Soucieux "d'exterminer" les rebelles au dogme de l'Eglise romaine, le roi institue une chambre spécialement chargée d'instruire les procès d'hérésie. Cette juridiction d'exception ne se verra attribuer le qualificatif "d'ardente" que plus tard, après qu'elle aura prononcé maintes condamnations au bûcher. Esprit étroit et vindicatif, Henri II est encore plus porté que François 1er à considérer les protestants comme des ennemis à la fois de la religion et de l'Etat. Il ne connaît pas les hésitations qui ont marqué le début du règne de son père, et la Chambre ardente doit fonctionner "tant que les erreurs dureront dans tout le royaume".


Martin Luther (1532)
La Chambre ardente est dirigée par deux présidents en cour de Parlement, François de Saint André et Pierre Lizet, et réunit quatorze conseillers, issus de la Grand Chambre ou des Enquêtes. Elle n'est compétente que pour la région de Paris, les pays de la Loire, la Normandie, la Picardie et la Champagne. A la différence de l'Espagne, les inquisiteurs de la foi, nommés par le Saint Siège, sont placés sous la juridiction des tribunaux royaux : depuis le concordat de Bologne de 1516, l'Eglise de France est subordonnée au pouvoir royal, qui a pour mission de protéger et d'imposer la doctrine officielle.
Les premiers arrêts de la Chambre ardente sont rendus en mai 1548. Comme le désire l'Eglise, qu'il sert avec zèle, François de Saint André s'efforce d'obtenir que les "accusés" se rétractent, les oblige à faire amende honorable et leur inflige des peines diverses, mais signe peu d'arrêts de mort. Pierre Lizet, lui, se montre d'autant plus féroce qu'il se pique de théologie, à laquelle il n'entend pourtant rien, et prononce des verdicts d'une sévérité implacable.
Le premier procès de grande envergure se déroule le 28 juin 1548 et concerne l'Eglise secrète de Langres, en Champagne. Pendant plusieurs années, le Tourangeau Robert Lelièvre a défié les inquisiteurs, évangélisant Bourges, Sens, Blois et même Angers. Mais il est tombé avec plusieurs de ses "complices" entre les mains de la justice. Les habitants de Langres sont pour la plupart impliqués dans cette affaire, qui se conclut par deux autodafés, l'un de quatre bûchers, place Maubert, à Paris, le 1er août, l'autre de huit bûchers, à Langres, le 3 septembre. De nombreux huguenots doivent faire amende honorable, et la maison où ils se réunissaient à Langres est rasée.

Henri II


La Chambre ardente s'occupe aussi de censure. Le 15 mai 1548, le chancelier de l'Université obtient la condamnation explicite des Bibles de l'humaniste et imprimeur Robert Estienne et leur inscription à l'index. La possession de livres interdits, au premier chef L'Institution chrétienne de Calvin, manifeste de la Réforme, est réprimée au même titre que les réunions de prières. Les condamnations vont de l'amende honorable, pieds nus, en chemise et un cierge à la main, au bûcher pour les "obstinés" qui persistent dans leur foi, en passant par la fustigation et le bannissement avec confiscation des biens. A l'origine des procès il y a presque toujours une dénonciation. La motivation des délateurs (qui évitent cependant d'accuser faussement des gens trop puissants dont, s'ils étaient innocentés, la vengeance serait terrible) n'est pas étrangère au fait qu'ils récupèrent les biens des condamnés...
La Chambre ardente fonctionne jusqu'en janvier 1550, date à laquelle Henri II pense avoir éradiqué les idées dangereuses, et rares sont alors à la Cour ceux qui avouent leurs sympathies pour la Réforme. En moins de deux ans, elle a prononcé près de cinq cents arrêts, dont soixante condamnations à mort. Les protestants les plus fortunés, comme Théodore de Bèze qui deviendra le collaborateur de Calvin, se réfugient à Genève. Mais ceux qui les aident à quitter le royaume risquent eux aussi le bûcher. Parmi les "coupables" d'hérésie figurent quantité de gens instruits, plutôt des marchands et des artisans que de riches bourgeois, et bon nombre de religieux, des prêtres comme des moines. C'est bien le signe que la Réforme sort des entrailles même de l'Eglise catholique. Luther n'était-il pas un moine augustin?


LA JUSTICE DE L'EGLISE

Contrairement au bas clergé, au sein duquel la Réforme a fait de nombreux adeptes, le haut clergé est mécontent de la création et des pouvoirs de la Chambre ardente. Déterminé à éradiquer "l'hérésie" et très attaché à ses privilèges, il obtient du roi, par l'édit de Paris du 19 novembre 1549, le rétablissement de son pouvoir juridictionnel. Dorénavant, les magistrats laïcs, baillis, sénéchaux et juges présidiaux, n'auront plus que le droit d'information et de prise de corps, et devront renvoyer les suspects devant les tribunaux ecclésiastiques. Y compris dans les cas simples, c'est à dire lorsque l'hérésie n'est pas publique et procède plus de l'ignorance, de l'erreur que "de vraie malice ou volonté de se séparer de l'union de l'Eglise".

© 2002 cliannaz@noos.fr

Colporteur XVIéme siècle
Histoire du premier Président du Parlement de Paris

Le  Premier Président du Parlement de Paris, entre 1529 et 1549, et co-fondateur de la Chambre Ardente, de sinistre mémoire (elle fonctionna de 1535 à 1560)

Pierre Lizet (1482-1554), Premier Président du Parlement de Paris

Pierre Lizet fut un éminent magistrat, Premier Président du Parlement de Paris, entre 1529 et 1549, et co-fondateur de la Chambre Ardente, de sinistre mémoire (elle fonctionna de 1535 à 1560).

Pierre Lizet est né en 1482 à Villemur, près de Salers, dans l’actuel Cantal, fils de Béraud Lizet et d’Isabelle de Chazettes. Son père étant licencié en "chacun droit" et avocat de la Duchesse de Bourbonnais, il suit la même voie avant de devenir docteur en droit civil et en droit canon, puis avocat au Parlement de Paris, certainement parrainé par Antoine Duprat, lui-même protégé de Louise de Savoie, mère de François Ier.

Malgré son latin "qui se ressentait aussi de la montagne et rappelait moins Rome que Clermont-Ferrand, Lizet est consulté pour les affaires de la ville de Paris, puis remarqué par le roi Louis XII qui le nomme conseiller-clerc au Parlement (charge confirmée en 1515 par François Ier). Du 29 juillet 1517 à 1529, il sera Premier Avocat du roi François Ier.

En 1520, il est chargé d’une réforme des hôpitaux parisiens, puis, en 1531, il est chargé d’enquêter sur la condition des enfants à l’Hôtel-Dieu de Paris. Enfin, en 1538, il a en charge la révision et la rédaction des Coutumes du Berry, en collaboration avec Pierre Mathé.

Il épouse Jeanne Henart, fille de Jean, trésorier-payeur du Parlement de Paris.

A la mort de Jean de Selve, le 10 décembre 1529, il est enfin reçu Premier Président au Parlement de Paris (le 20), ce qui lui ouvre les portes de la Haute Noblesse. Son zèle lors du procès du Connétable de Bourbon aurait convaincu le roi de lui offrir cette charge suprême.

Il connaîtra alors de nombreuses affaires célèbres, dont le divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre.

Il est également l’un des fondateurs de la Chambre Ardente, et manifeste alors un certain fanatisme à l’encontre des Protestants (selon Mr  Michaud. Cette chambre reste officieuse et n’aurait été mentionnée que par allusion dans un édit royal du 19 novembre 1549. Elle inaugure plusieurs années de terreur, mais rien ne permet de mesurer l’arbitraire dont aurait fait preuve Lizet. Certains auteurs ont affirmé qu’il aurait eu soin de condamner systématiquement les hérétiques déférés, d’autres sont plus nuancés. Beze (cf supra) figure parmi les victimes célèbres de cette chambre.

Lizet est alors au faite de sa gloire et préside même une procession expiatoire, le 4 juillet 1549, entre la Sainte-Chapelle et Saint-Paul, lors des fêtes dites de la "joyeuse entrée" d’Henri II et de Catherine de Médicis.

Il est ensuite invité au festin organisé dans les locaux épiscopaux, avant d’assister, avec les autres convives, aux bûchers et pendaisons constituant manifestement le clou des festivités, juste après le dessert.

Mais l’euphorie de Pierre Lizet sera de courte durée. Quelques semaines à peine après ces ripailles mystiques, il tombe en disgrâce. Non pas qu’il ait fauté dans son comportement docile, mais la nouvelle favorite du roi, Diane de POITIERS, a besoin de placer ses proches à des postes clef du pouvoir, et elle ne peut attendre la mort des occupants des dits postes.

Le prétexte fut tout trouvé lorsque Lizet refuse à plusieurs reprise de donner au duc de GUISE le titre de Prince, et qu’il ne s’effaça pas face au Cardinal de LORRAINE alors que celui-ci présidait le Grand Conseil.

Pierre Lizet perd sa charge au bénéfice du languedocien Jean Bertrandl. Il est alors nommé Abbé de Saint-Victor.

Devenu veuf, il utilise ce qui lui reste de fortune pour fonder un hôtel-dieu à Salers.

Il meurt le 7 juin 1554.



La vidéo du tournoi de chevalerie dans le spectacle "Anne de Montmorency"



A Paris près de l'actuelle place des Vosges, Henri II organisa une fête le 30 juin 1559 en l'honneur du mariage d'Élisabeth sa fille avec Philippe II d'Espagne. La foule arriva pour assister au tournoi organisé pour cette occasion. Henri II battit le duc de Nemours et celui de Guise. Il voulut un troisième assaut. Pour ce troisième assaut, Henri II rencontra Gabriel de Montgomery (1530-1574, capitaine de sa Garde écossaise. Les deux adversaires se heurtèrent violemment et le roi faillit tomber. Furieux, Henri II voulut un deuxième affrontement. Montgomery était prêt à s'avouer vaincu, la reine supplia le Roi de ne pas continuer. Mais Henri II déterminé, ne changea pas de position.

vendredi 10 septembre 2010

Le 10 juillet 1547: le coup de Jarnac


Le Tableau du coup de Jarnac dans le spectacle du Château d'Ecouen



L'AFFAIRE DU "COUP DE JARNAC"

Le 10 juillet 1547, pour laver son honneur, Guy Chabot, seigneur de Montlieu, défie François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie.
Mais, l'un appartenant au parti de la duchesse d'Étampes, maîtresse de feu François 1er, et l'autre à celui de Diane de Poitiers, favorite d'Henri II, la querelle entre particuliers va être l'occasion d'un règlement de comptes entre les clans qui s'affrontent à la Cour. Ce duel judiciaire aura un dénouement inattendu et vaudra à la botte secrète du "coup de Jarnac" de rester dans les annales.
Au début de l'année 1547, François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, raconte à qui veut l'entendre que Guy Chabot, seigneur de Montlieu, est au mieux avec sa belle-mère, Madeleine de Puy Guyon. Calomnie, affirme l'offensé qui, indigné qu'on fasse courir le bruit qu'il puisse être l'amant de sa belle-mère demande réparation.
Mais il s'agit plus que de médisance, et du fait du statut de ces protagonistes à la Cour, l'affaire va tourner au règlement de comptes entre clans.
La Châtaigneraie, grand sénéchal du Poitou, filleul et enfant d'honneur de François 1er, est le favori du dauphin, le futur Henri II. Guy Chabot est le fils du baron Charles de Jarnac, gouverneur capitaine de La Rochelle, et le neveu de l'amiral Philippe Chabot de Brion; mais, il est surtout, par son mariage avec Louise de Pisseleu, le beau-frère de la duchesse d'Etampes, maîtresse de François 1er. Contrairement à son père, Henri II, peu après son avènement,en mars 1547, donne son aval pour qu'un duel soit organisé entre La Châtaigneraie et Chabot. Si ce dernier entend laver son honneur, il espère néanmoins éviter un drame et demande à Diane de Poitiers d'intervenir pour que le combat soit annulé.
Mais la maîtresse du nouveau roi refuse, voyant là l'occasion d'humilier la duchesse d'Étampes et de lui signifier que la mort de François 1er marque bel et bien la fin de son "règne".
La Châtaigneraie sera son champion et Chabot celui de sa rivale : la querelle entre particuliers est devenue une affaire d'État. En avril, les adversaires se voient désigner des parrains François de Guise, duc d'Aumale pour La Châtaigneraie, le grand écuyer Claude Gouffier, sieur de Boissy, pour Chabot.
Le connétable Anne de Montmorency est chargé d'arbitrer le combat, qui se déroulera à l'orée de la forêt de Saint Germain en Laye. Le 10 juillet, au matin,
la foule se presse pour assister à la rencontre : depuis le règne de Saint Louis, c'est la première fois que le roi autorise l'épreuve du jugement de Dieu et un duel judiciaire à mort. Toute la Cour est là, impatiente de voir les combattants en découdre. Dans la tribune royale, Henri II a pris place entre la reine Catherine de Médicis et Diane de Poitiers.
Escorté par trois cents jeunes gens vêtus de satin blanc, La Châtaigneraie se présente sur la lice sous les vivats de la foule. Grand, fortement charpenté et musclé, d'une adresse redoutable à l'exercice des armes, il est considéré comme l'un des quatre meilleurs jouteurs du royaume.
Chabot, accompagné de seulement quelques compagnons en habit noir, ne semble avoir aucune chance de l'emporter.
Monsieur de Boissy a le choix des armes : malgré une réclamation du duc d'Aumale et avec l'aval du tribunal des armes, il opte pour de lourdes épées et un massif bouclier. Dès que le roi donne le signal de l'affrontement, les combattants se précipitent l'un vers l'autre, échangent de violents coups d'estoc et de taille.
Plus léger et plus vif, Chabot esquive et pare les attaques avec adresse.
Soudain, alors qu'il semble tout près d'être défait, il porte à son adversaire un coup au jarret, puis un second au même endroit, qui tranche le muscle. La Châtaigneraie s'effondre.
Henri II est abasourdi; Diane de Poitiers enrage; Catherine de Médicis dissimule mal sa satisfaction.
Chabot s'avance vers la tribune royale et "donne" La Châtaigneraie au roi, refusant de le mettre à mort, comme le règlement du duel lui en laisse le droit.
Dans la foule, partisans du vainqueur et du vaincu en viennent aux mains.
Mais les juges déclarent la "botte de Jarnac" régulière : Chabot a loyalement défait son adversaire. Henri II le confirme en proclamant : "Vous avez fait votre devoir.Votre honneur doit vous être rendu".
La Châtaigneraie mourra peu après, victime d'une hémorragie et du dernier duel judiciaire autorisé par un souverain.
A la suite de cette pénible affaire, Henri II ne réprimera pas pour autant cette pratique meurtrière, et, impuissant à empêcher la noblesse d'y recourir, continuera à la tolérer.
© 2002 cliannaz@noos.fr
UN COUP RÉGULIER
Guy de Chabot a porté à son adversaire une botte secrète qui lui a été enseignée par le maître d'armes italien Caize.
Bien qu'inhabituel (on s'attaque alors plutôt au visage et à la poitrine) et que La Châtaigneraie en ignore la parade, le coup est régulier.
Tous les témoins conviennent que le combat s'est déroulé loyalement, et le mémorialiste Pierre de Brantôme, neveu du vaincu, le soulignera dans son "Discours sur les duels".
Ce duel a donné lieu à l'expression "coup de Jarnac", qui désigne à l'origine un coup imprévu et adroit. En 1771, le dictionnaire de Trévoux en a détourné le sens pour figurer une action déloyale, voire un assassinat.
Au XIXème siècle, dans son Dictionnaire de la langue française, Emile Littré a rétabli l'expression dans son acceptation non péjorative : "Le coup fut trouvé habile et fort loyal, mais l'usage lui a donné un sens odieux : coup porté en traître".
© 2002 cliannaz@noos.fr




Chabot porte à son adversaire un coup au jarret,
qui tranche le muscle. La Châtaigneraie s'effondre.





dimanche 22 août 2010

Spectacle Historique au Château d'Ecouen La liaison d'Henri II avec Fillipa Duci


Henri II à 17 ans (1536)


Avant Diane de Poitiers.....


La liaison d'Henri II avec Fillipa Duci


Le 11 novembre 1537, au soir de la prise de la ville de Moncalieri sur les Impériaux, le dauphin Henri, le futur Henri II, fête la victoire chez un écuyer piémontais. Et dans les bras de la sœur de son hôte, la belle Filippa Duci. De cette brève liaison va naître au cours de l'été suivant une petite fille : Diane de France.

Au début de 1537, durant la guerre qui oppose la France et l'Empire, François 1er et Charles Quint, le dauphin Henri, le futur Henri II, a fait ses premières armes en Picardie. A l'automne, le roi a reporté toute son attention sur les opérations d'Italie et a rejoint Lyon avec toute son armée. Son objectif est de contrer les Impériaux dans le Piémont, où les places de Turin et de Pignerol sont menacées. Le 8 octobre, le duc Anne de Montmorency a été nommé lieutenant général de Sa Majesté dans le Piémont. Sa mission est d'accompagner l'avant-garde et d'être le chef d'état major du dauphin, à qui a été confié le commandement théorique.

Le 23 octobre, l'avant-garde royale quitte Besançon. Après avoir forcé le Pas de Suse, elle dégage, assez aisément, Turin et Pignerol. Le 10 novembre, elle est devant la petite ville de Moncalieri, occupée par un des généraux de l'Empereur, le marquis Del Vasto. Le lendemain en fin de journée, grâce à l'arrivée des renforts aux ordres de Martin du Bellay, la place tombe.

Comme bon nombre de ses compagnons, le dauphin est grisé par la facilité de la conquête. Les heures pénibles passées dans les marais de la vallée du Pô, "en bataille, la plupart du temps de l'eau jusqu'aux genoux, sans boire et sans manger, et néanmoins toujours escarmouchant", ainsi que le relate Montmorency, ne sont plus qu'un mauvais souvenir. Soldats et capitaines n'ont désormais qu'une idée en tête : profiter de la victoire, jouir des plaisirs que leur offre la ville conquise et succomber aux charmes des belles italiennes, consentantes ou non.

Gian Antonio Duci, l'un des écuyers piémontais, originaire de Moncalieri, invite le dauphin à partager la joie des retrouvailles familiales dans sa maison et lui présente sa sœur Filippa. Loin de son épouse, Catherine de Médicis, restée à Fontainebleau, le prince n'imagine pas se priver d'une aventure galante : séduit par la jeune fille, il finit la nuit dans ses bras. Tout à son plaisir, le dauphin se soucie bien peu de la belle Filippa, rencontre de hasard et compagne d'un soir. Dès le lendemain matin, il prend la tête de ses troupes pour rejoindre son père et le gros de l'armée à Carignan.

Au terme de cette équipée, François 1er a toutes les raisons d'être satisfait : il a repris la Savoie et le Piémont, et envisage de s'en servir comme monnaie d'échange pour que Charles Quint lui cède le Milanais. La brève liaison du dauphin et de Filippa Duci aurait pu être bien vite oubliée. Mais quelques semaines plus tard, le maréchal René de Montmorency, resté à Moncalieri, apprend que la Piémontaise est enceinte.

Sitôt qu'il apprend la nouvelle, le futur Henri II exulte. Le voilà enfin rassuré sur sa virilité! Après quatre ans de mariage avec Catherine de Médicis, il n'a toujours pas d'enfant, et les mauvaises langues de la Cour ne se privent pas d'évoquer un "défaut de conformation". Cette grossesse prouve qu'il est normal, tout à fait capable de procréer, et cela le soulage d'un grand poids. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il se soucie de l'avenir de l'enfant à naître. Des ordres sont immédiatement donnés pour veiller sur Filippa Duci et pourvoir à son entretien jusqu'à la naissance du bébé. Au cours de l'été 1538, la jeune femme met au monde une petite fille. Après l'accouchement, elle est généreusement dotée, mais doit se retirer dans un couvent, où elle restera jusqu'à la fin de sa vie. Son enfant lui est enlevée et ramenée à la Cour de France, où elle va être élevée. La petite fille est légitimée et baptisée Diane, en hommage à Diane de Poitiers, veuve de Louis de Brézé, comte de Maulévrier et grand sénéchal de Normandie, qui est depuis peu la maîtresse du dauphin, de vingt ans son cadet. Le choix de ce prénom ne manque pas de faire jaser. On va même jusqu'à prétendre que l'aventure piémontaise du prince est une fable et que la grande sénéchale est la mère de l'enfant!

La plus affligée reste Catherine de Médicis : n'ayant pas donné d'héritier à son époux, elle est accusée d'être stérile, et il est question de la renvoyer en Italie. Ce n'est que près de six ans plus tard, le 19 janvier 1544, qu'elle donnera naissance à un premier fils, le futur François II, aîné de dix enfants.

© cliannaz@free.fr

samedi 21 août 2010

Spectacle Historique au Château d'Ecouen "Anne de Montmorency" vidéo du spectacle

La Vidéo du Final






Spectacle Historique au Château d'Ecouen "Anne de Montmorency"
organisé chaque printemps dans le parc du Musée de la Renaissance


Le public est guidé par un colporteur qui narre l'histoire du XVIéme siècle lors des 13 tableaux du parcours, vous irez de scène en scène à travers le parc du château à la rencontre de la France à l'époque de la Renaissance avec François 1er et Léonard de Vinci, Henri II, Catherine de Médicis,Diane de Poitiers,Louise de Savoie.Vous assisterez aux scènes de le campagne,de la ville,du monastère,du couronnement d'Henri II,du coup de Jarnac,du retour de captivité d'Henri II,au tournoi de chevalerie ou Henri II sera mortellement blessé,des jongleurs, des combats à l'épée et des animations diverses qui vous enchanterons durant ce spectacle qui dure plus de 2h15.

vendredi 20 août 2010

Spectacle Château d'Ecouen Le tableau du coup de Jarnac le 10 juillet 1547



















Le Tableau du coup de Jarnac dans le spectacle du Château d'Ecouen



L'AFFAIRE DU "COUP DE JARNAC" (10 juillet 1547)



Le 10 juillet 1547, pour laver son honneur, Guy Chabot, seigneur de Montlieu, défie François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie.Mais, l'un appartenant au parti de la duchesse d'Étampes, maîtresse de feu François 1er, et l'autre à celui de Diane de Poitiers, favorite d'Henri II, la querelle

entre particuliers va être l'occasion d'un règlement de comptes entre les clans qui s'affrontent à la Cour. Ce duel judiciaire aura un dénouement inattendu et vaudra à la botte secrète du "coup de Jarnac" de rester dans les annales. Au début de l'année 1547, François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, raconte à qui veut l'entendre que Guy Chabot, seigneur de Montlieu, est au

mieux avec sa belle-mère, Madeleine de Puy Guyon. Calomnie, affirme l'offensé qui, indigné qu'on fasse courir le bruit qu'il puisse être l'amant de sa belle-mère demande réparation. Mais il s'agit plus que de médisance, et du fait du statut de ces protagonistes à la Cour, l'affaire va tourner au règlement de comptes entre clans. La Châtaigneraie, grand sénéchal du Poitou, filleul et enfant d'honneur de

François 1er, est le favori du dauphin, le futur Henri II. Guy Chabot est le fils du baron Charles de Jarnac, gouverneur capitaine de La Rochelle, et le neveu de l'amiral Philippe Chabot de Brion; mais, il est surtout, par son mariage avec Louise de Pisseleu, le beau-frère de la duchesse d'Etampes, maîtresse de François 1er. Contrairement à son père, Henri II, peu après son avènement, en mars 1547, donne son aval pour qu'un duel soit organisé entre La Châtaigneraie et Chabot. Si ce dernier entend laver son honneur, il espère néanmoins éviter un drame et demande à Diane de Poitiers d'intervenir pour que le combat soit annulé. Mais la maîtresse du nouveau roi refuse, voyant là l'occasion d'humilier la duchesse d'Étampes et de lui signifier que la mort de François 1er marque bel et bien la fin de son "règne". La Châtaigneraie sera son champion et Chabot celui de sa rivale : la querelle entre particuliers est devenue une affaire d'État. En avril, les adversaires se voient désigner des parrains François de Guise, duc d'Aumale pour La Châtaigneraie, le grand écuyer Claude Gouffier, sieur de Boissy, pour Chabot. Le connétable Anne de Montmorency est chargé d'arbitrer le combat, qui se déroulera à l'orée de la forêt de Saint Germain en Laye. Le 10 juillet, au matin,

la foule se presse pour assister à la rencontre : depuis le règne de Saint Louis,c'est la première fois que le roi autorise l'épreuve du jugement de Dieu et un duel judiciaire à mort. Toute la Cour est là, impatiente de voir les combattants en découdre. Dans la tribune royale, Henri II a pris place entre la reine Catherine de Médicis et Diane de Poitiers.Escorté par trois cents jeunes gens vêtus de satin blanc, La Châtaigneraie se présente sur la lice sous les vivats de la foule. Grand, fortement charpenté et musclé, d'une adresse redoutable à l'exercice des armes, il est considéré comme l'un des quatre meilleurs jouteurs du royaume.Chabot, accompagné de seulement quelques compagnons en habit noir, ne semble avoir aucune chance de l'emporter.Monsieur de Boissy a le choix des armes : malgré une réclamation du duc d'Aumale et avec l'aval du tribunal des armes, il opte pour de lourdes épées et un massif bouclier. Dès que le roi donne le signal de l'affrontement, les combattants se précipitent l'un vers l'autre, échangent de violents coups d'estoc et de taille.Plus léger et plus vif, Chabot esquive et pare les attaques avec adresse.Soudain, alors qu'il semble tout près d'être défait, il porte à son adversaire un coup au jarret, puis un second au même endroit, qui tranche le muscle. La Châtaigneraie

s'effondre.Henri II est abasourdi; Diane de Poitiers enrage; Catherine de Médicis dissimule

mal sa satisfaction.Chabot s'avance vers la tribune royale et "donne" La Châtaigneraie au roi, refusant de le mettre à mort, comme le règlement du duel lui en laisse le droit.

Dans la foule, partisans du vainqueur et du vaincu en viennent aux mains.Mais les juges déclarent la "botte de Jarnac" régulière : Chabot a loyalement défait son adversaire. Henri II le confirme en proclamant : "Vous avez fait votre devoir.Votre honneur doit vous être rendu".La Châtaigneraie mourra peu après, victime d'une hémorragie et du dernier duel judiciaire autorisé par un souverain.

A la suite de cette pénible affaire, Henri II ne réprimera pas pour autant cette pratique meurtrière, et, impuissant à empêcher la noblesse d'y recourir, continuera à la tolérer.


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UN COUP REGULIER


Guy de Chabot a porté à son adversaire une botte secrète qui lui a été enseignée par

le maître d'armes italien Caize. Bien qu'inhabituel (on s'attaque alors plutôt au visage et à la poitrine) et que La Châtaigneraie en ignore la parade, le coup est régulier.Tous les témoins conviennent que le combat s'est déroulé loyalement, et le mémorialiste Pierre de Brantôme, neveu du vaincu, le soulignera dans son "Discours sur les duels".Ce duel a donné lieu à l'expression "coup de Jarnac", qui désigne à l'origine un coup imprévu et adroit. En 1771, le dictionnaire de Trévoux en a détourné le sens pour figurer une action déloyale, voire un assassinat.Au XIXème siècle, dans son Dictionnaire de la langue française, Emile Littré a rétabli l'expression dans son acceptation non péjorative : "Le coup fut trouvé habile et fort loyal, mais l'usage lui a donné un sens odieux : coup porté en traître".


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Chabot porte à son adversaire un coup au jarret,

qui tranche le muscle. La Châtaigneraie s'effondre.